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C'est l'histoire improbable d'une transplantation d'une tête sur un corps... ou d'un corps sous une tête !

Le greffon, c'est d'abord le corps, la tête reste maîtresse, au même titre que l'exprimait Paul Valéry : « Maître cerveau sur son homme perché ». Mais peu à peu, bien entendu, c'est le corps qui s'éveille et qui prend les commandes. Tel un fantôme, il part à la recherche de sa vie d'avant. En jouant sur les sensations éprouvées par la plupart des transplantés d'une présence autre que la sienne à l'intérieur de soi-même, de ses pertes de repère créées par une opération lourde et émotionnellement bouleversante, l'auteur mène son histoire avec simplicité et subtilité, sans débordement psychologique.

C'est un roman qui dérange aussi quand la petite amie apprend à aimer le nouveau corps de son amant : qui aime-t-elle ? Qu'aime-t-elle ? Le corps, ce corps désirable, est-il le seul désir de l'autre ? Qui est premier ? Le corps de l'autre ou son être ontologique, transcendantal ?

Enfin, à travers ces pages, se dessine la chute de l'Occident avec Descartes dépassé, la raison supplantée par un retour au corps, à ses sensations, à sa gouvernance, à sa prévalence. À l'image du cerveau qui, à travers les découvertes scientifiques actuelles, se trouve un acolyte de taille dans les cellules nerveuses de l'intestin. À ces bactéries qui nous gouvernent, qui impulsent des envies, des choix inconscients, dessinent une personnalité (vous pouvez lire cet article pour découvir un pan de cette recherche scientifique florissante de ces dernières années).

C'est une chute car l'histoire se termine par une hécatombe, de façon trop abrupte et décevante.

 

Présentation de l'éditeur :

« C’est un sujet fascinant dont s’empare ici Hubert Haddad. Un célèbre neurochirurgien s’apprêterait à effectuer une greffe inouïe : transplanter la tête d’un homme sur le corps d’un autre…

Journaliste engagé, en lutte ouverte contre les trusts pharmaceutiques et les mafias de la finance, Cédric Allyn-Weberson vit avec Lorna une passion entière, charnelle, amoureuse. Jusqu’au jour où il se trouve confronté à une violence radicale, celle de perdre accidentellement l’usage de son corps. Se met alors en branle une machine infernale.

Roman au suspense continu, Corps désirable captive par la magie d’une écriture lumineuse qui donne à éprouver intimement les sensations les plus subtiles des personnages – questions lancinantes de l’amour, de l’incarnation du désir et des illusions de l’identité.

Face aux questions éthiques et existentielles soulevées par une actualité brûlante, entre extravagances de la science et quête d’identité, Hubert Haddad pousse la fiction-vérité dans ses ultimes retranchements. Plus que jamais, avec Corps désirable, l’auteur de Palestine ou du Peintre d’éventail nous bouleverse et nous emporte. Et c’est sans doute la marque de son œuvre que de recourir aux pouvoirs de l’imaginaire pour saisir sur le vif la complexité et les ambiguïtés d’une époque. »

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